Archives mensuelles : juin 2017

Gèle du compromis sur le Kotel

logo massorti

Communiqué de Massorti France juin 2017

Massorti France proteste contre la décision du gouvernement israélien de geler le compromis du Kotel. Le gouvernement vient de céder à la pression des partis ultra-orthodoxes, au mépris de la démocratie, du pluralisme et de l’unité du peuple juif.

Paris, le 25 juin 2017 : C’est avec stupéfaction et colère que nous venons d’apprendre que le gouvernement Netanyahou vient de geler l’application du compromis qu’il avait lui-même signé en février 2016, qui proposait un partage de l’espace de prière au lieu saint du mur occidental entre tous les courants du judaïsme. Fruit de trois années de négociations secrètes, cet accord prévoyait un espace pour les juifs désireux de prier de façon mixte (hommes et femmes réunis) en contrebas de l’esplanade principale où hommes et femmes sont séparés.

Plus qu’un manquement à la parole donnée, cette décision montre une soumission inquiétante aux franges les plus extrémistes du judaïsme pour des motifs électoraux, et aura pour conséquence d’accentuer la fracture entre la conception du judaïsme par le gouvernement de l’état d’Israël et la diaspora.

Le judaïsme non-orthodoxe est majoritaire aux Etats-Unis et dans le monde, et se distingue par une intense activité sioniste et de soutien à Israël.

En notre nom, communautés et rabbins de France appartenant au courant Massorti, Au nom de tous les juifs, croyants ou non, pratiquants ou non, qui ne se reconnaissent pas dans un rigorisme qui mène à toujours plus d’exclusion, Au nom de nos valeurs juives et universelles de tolérance, de pluralisme et de respect…

Nous exigeons du gouvernement israélien qu’il respecte sa parole et accorde enfin un statut égal à tous les courants du judaïsme.

La direction de Massorti France

Pour information :

Le conseil d’administration de l’Agence juive a annoncé lundi sa décision d’annuler un dîner prévu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, au lendemain de la décision de son cabinet de suspendre un plan visant à établir un espace de prière mixte au Mur des Lamentations dans la Vieille ville de Jérusalem. Le président de l’organisation, Natan Sharansky, qui était au cœur du projet d’espace de prière mixte au Mur des Lamentation, a exprimé sa déception quant à la décision du gouvernement israélien.

« Il y a 5 ans, le Premier ministre m’a demandé de diriger un effort conjoint pour proposer une formule concrète qui transformerait le Mur occidental en ‘un mur pour un peuple’, selon ses propres mots », a déclaré M. Sharansky cité par le Times of Israel.

Il a poursuivi en rappelant qu’après « 4 ans d’intenses négociations », une solution acceptée par tous les principaux courants religieux avait été trouvée, puis adoptée par le gouvernement, et enfin « accueillie par les communautés juives du monde entier ».

« La décision d’aujourd’hui signifie un retrait de cet accord et rendra notre travail pour rapprocher Israël et le monde juif de plus en plus difficile. L’Agence Juive demeure néanmoins résolument dévouée à cette tâche et au principe d’un mur pour un peuple », s’est-il résigné.

De son côté, l’ancien directeur de l’Agence Juive et ambassadeur américain, Sallai Meridor, a également dénoncé la décision israélienne, la qualifiant de « bouleversante et triste ».

« Le Mur occidental appartient à tous les Juifs. C’est une gifle dans la figure de la communauté juive mondiale », a-t-il déploré, en insistant sur la colère des Juifs des Etats-Unis, majoritairement réformistes.

La décision intervient après les lourdes pressions exercées par les partis ultra-orthodoxes au cours des deux derniers mois, alors que le gouvernement s’était engagé à établir cet espace auprès des mouvements juifs libéraux en Israël et aux Etats-Unis.

Pétition en ligne

Article de Libération

Mur des Lamentations : Nétanyahou joue les ultra-orthodoxes contre les juifs libéraux

En revenant sur un accord qui assurait aux non-orthodoxes un espace de prière mixte au mur des Lamentations, le gouvernement donne des gages aux plus conservateurs, qui lui assurent une majorité à la Knesset. Au risque de se couper des juifs américains.

Malaise dans les communautés juives de la diaspora. Dimanche, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a annoncé l’abandon d’un accord conclu en janvier 2016 pour assurer aux juifs et juives non orthodoxes de pouvoir prier dans un espace qui leur aurait été aménagé au sud du mur des Lamentations, le principal lieu saint juif.

Dans l’Etat hébreu, le courant ultra-orthodoxe, qui dispose de deux partis à la Knesset (13 députés sur les 120 de l’Assemblée), s’est en effet arrogé le monopole des questions religieuses. Il régit les mariages, les enterrements et les conversions. Mais il fait également la loi au mur des Lamentations en imposant que les hommes et les femmes y prient séparément. Les premiers y disposent d’ailleurs d’un espace plus important que les secondes, lesquelles sont priées de s’y présenter en tenue « modeste » et de ne pas prier à haute voix. Afin de ne pas « perturber » leurs coreligionnaires masculins (suite de l’article)

Par Nissim Behar, à Tel-Aviv — 26 juin 2017

« Si je reviens un jour », les lettres retrouvées de Louise Pikovsky

En 2010, lors d’un déménagement au sein du lycée Jean-de-La-Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, des lettres et des photographies ont été trouvées dans une vieille armoire.
Enfouis là depuis des dizaines d’années, ces documents appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky.
Plusieurs mois durant, cette jeune lycéenne a correspondu avec sa professeure de lettres. Son dernier courrier date du 22 janvier 1944, jour où elle est arrêtée avec sa famille. Internés à Drancy, le père, la mère et les quatre enfants ont été déportés à Auschwitz. Ils n’en reviendront pas.
Informée de cette découverte, j’ai prêté main forte à Khalida Hatchy, une professeure de l’établissement qui souhaitait reconstituer le parcours de cette jeune fille.
À partir des documents de Louise et des archives de l’état-civil de Paris, nous avons établi le parcours de cette famille et nous avons retrouvé des témoins, des cousins éloignés et des anciennes élèves. Ce webdocumentaire raconte ce travail de mémoire. Il rend enfin la parole à Louise, une élève particulièrement douée, qui n’a pas pu vivre l’existence brillante à laquelle elle semblait destinée.
Stéphanie Trouillard
Journaliste