Lettre ouverte aux rabbins de Marseille (article J.Forum)


Lecture de la Megillah par les femmes orthodoxes à Paris, en 2016, à l’occasion de Pourim. Assise parallèle hommes/femmes et mehiçah

Lettre ouverte à Messieurs Réouven Ohana, Shmouel Melloul, Avraham Meimoun,rabbins au Consistoire Israélite de Marseille.
Lecture de la Torah par les femmes dans le courant orthodoxe

Nous sommes 3 organisateurs qui avions préparé un office du chabbat matin, pendant lequel des femmes étaient appelées à lire la Torah, pendant que les hommes auraient mené les offices. Il devait se tenir le samedi 24 juin 2017 au Centre Fleg à Marseille. Vous avez jugé qu’il y avait urgence absolue à vous réunir pour empêcher cette lecture de la Torah. On vous aurait presque félicité s’il ne s’agissait pas d’une fausse urgence.

A défaut de vous adresser directement aux organisatrices et aux organisateurs de cette lecture pour dialoguer avec elles/eux, vous avez préféré cosigner le 22 juin 2017 ce que vous avez appelé un « communiqué des rabbanim », sur papier à entête du Grand rabbinat de Marseille, Consistoire Israélite de Marseille (1), et, par cette voie, leur demander de (je cite):

« ne pas heurter la sensibilité du public de la ville » ;
« de laisser la lecture de la Torah au baal koré comme le stipule la halakha » ;
« et comme c’est l’usage dans la ville de Marseille dans toutes les Communautés… » ;
« pour une bonne entente entre les fidèles et pour le Chalom ».

Il m’est agréable de vous informer que les offices de shaharit et de musaf menés exclusivement par les hommes ainsi que la lecture de la Torah (sefer rishon, sefer sheni étant donné rosh hodesh Tammuz et la haftarah) menée par les femmes se sont tenus dans les conditions prévues et conformément à la halakhah (loi juive), cela va de soi. L’assise était parallèle, les hommes et les femmes étant séparés par une mehiçah.

Ce fut un grand moment de qedushah de hit’allut ha-nefesh, de hithazzequt où tous les fidèles ont participé à l’office dans un silence que l’on ne connaît plus dans la plupart des synagogues. Il a été suivi d’un qiddush et d’un repas au cours duquel des commentaires de la Torah (divrey Torah) ont été présentés.

Il m’est également agréable de remercier les coorganisateurs : la directrice de la Bibliothèque juive de Marseille pour son courage et son travail remarquable et son implication dans la communauté de Marseille et le Centre E.Fleg, son président, sa directrice dynamique et dévouée et son Conseil d’Administration pour leur attitude digne et neutre, pour leur ouverture sur notre société et sa pluralité culturelle comme en témoigne leur communiqué de presse du 23 juin 2017 (2).

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