Paracha Behar

 
וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה, בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִעִי, בֶּעָשׂוֹר, לַחֹדֶשׁ; בְּיוֹם, הַכִּפֻּרִים, תַּעֲבִירוּ שׁוֹפָר, בְּכָל-אַרְצְכֶם
 
« […] puis tu feras circuler le retentissement du chofar, dans le septième mois, le dixième jour du mois: au jour des expiations, vous ferez retentir le son du chofar à travers tout votre pays. »
Saviez-vous que dans la Torah, le commandement du chabbat ne s’adresse pas seulement aux humains ? La terre d’Israël aussi doit faire chabbat ! C’est le sujet de la paracha Behar, qui commence par édicter les règles de l’année de repos sabbatique de la terre, qui doit cesser d’être cultivée pendant un an tous les sept ans. Puis, au bout d’un cycle de sept fois sept ans, la cinquantième année est appelée « yovel » (Jubilé).
Cette année est placée sous le signe de la liberté, de la rémission des dettes, et du retour de chacun sur la terre de ses ancêtres.
Le signal qui donne le départ de cette année particulière qu’on attend parfois toute une vie est le son du chofar le jour de Yom Kippour. Alors que le jour de Roch Hachana, chaque année, le chofar évoque la crainte du jugement, alors qu’il peut évoquer une alarme pour avertir d’une attaque ou d’une bataille, ou encore le départ du campement, cette sonnerie si caractéristique prend ici une signification toute particulière.
Elle évoque le soulagement, la libération, l’arrivée d’un moment longtemps attendu et espéré.
Elle évoque aussi la responsabilité de construire l’avenir : la 51ème année approche, et il s’agit de prendre un nouveau départ sans renouveler les erreurs les erreurs du passé.
L’année jubilaire est une occasion unique que la Torah offre à toute une génération : celle de pouvoir repartir à zéro pour « refaire le monde » à tous les sens du terme.
En cette première semaine de déconfinement, nous réalisons que l’humanité n’est pas encore venue à bout de ce terrible virus. Il reste encore de nombreux combats à mener, et il ne faut surtout pas sonner le chofar de la victoire trop tôt ! Mais peut-être est-il temps de réfléchir à l’occasion qui nous est donnée de réparer quelques erreurs, de bousculer un peu l’ordre des choses, et de construire une société un peu différente.

Chabbat chalom!
Rabbin David Touboul