Paracha Terouma

Paracha Terouma
 
Dans le célèbre roman « Notre Dame de Paris », Victor Hugo met en scène un prêtre qui tient devant lui un des premiers livres imprimés, et parallèlement regarde la cathédrale par sa fenêtre. Le personnage, pris d’une intuition prophétique, déclare tout-à-coup avec emphase : « Ceci détruira cela ».
Une façon pour Victor Hugo de définir un changement d’époque, de culture, de références. L’époque des cathédrales, des monuments massifs et imposants travaillés avec art pendant des siècles allait se terminer, pour laisser place à une époque où la diffusion du savoir se ferait par les mots et les textes.
C’est que les constructions étaient un moyen de transmettre au peuple analphabète des messages gravés artistiquement dans la pierre. Ainsi la beauté et l’esthétique n’étaient pas seulement l’expression de la sensibilité d’un artiste, mais surtout un moyen de transmettre des messages théologiques, politiques, historiques, par le biais du symbolisme de l’architecture.
Cette semaine nous lisons la paracha Terouma qui raconte la construction du sanctuaire du désert avec force détails. Les rabbins du Midrach se retrouvent comme des « historiens de l’art » qui spéculent sur la signification de tel ou tel chiffre de mesure des murs, sur la couleur des tentures…
Pour nous les juifs, la prophétie du personnage de Victor Hugo s’est réalisée depuis des temps déjà immémoriaux : nous n’avons plus aucun monument de pierre ou de bois, mais nous possédons des livres dans lesquels sont inscrits ces monuments, leurs constructions et leurs significations, et bien plus encore.
Chabbat ChalomRabbin David Touboul