Parasha Tsav / Chabbat Hagadol

Beth Tikvah

 אֵשׁ, תָּמִיד תּוּקַד עַל-הַמִּזְבֵּחַ–לֹא תִכְבֶּה
« Un feu continuel brûlera sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre »

La première règle apparaissant dans la paracha Tsav est celle dite du feu perpétuel(« Ech Tamid »).
Le feu de l’autel devait brûler 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Un prêtre était chargé de l’alimenter constamment en bois, même lorsque aucun sacrifice n’était en train de se consumer. Ce qui peut sembler relativement simple à l’époque du Temple a dû être extrêmement difficile à mettre en œuvre à l’époque des voyages dans le désert, lorsqu’il fallait démonter régulièrement le sanctuaire et le remonter quelques kilomètres plus loin.
Pourtant, le commandement est si impérieux qu’il a fallu imaginer un système pour transporter le feu perpétuel d’un endroit à l’autre sans qu’il ne s’éteigne. Comme s’il symbolisait la continuité de la présence divine, et du lien qui nous unissait à elle. C’est à partir de ce feu qu’on allumait la Ménorah.

Il brûlait tous les jours, toute la journée. Même la nuit. Et même le shabbat.

Et aujourd’hui ?

L’auteur du célèbre « Chné louhot habrit » (Les deux tables de l’alliance, Rabbi Yishayahou Halévy Horowitz, 1558-1630) cite à propos de ce verset un passage du Talmud selon lequel depuis que le Temple est détruit, l’autel est remplacé par la table familiale de chaque maison juive. Il faut donc veiller à constamment y mettre le feu et l’entretenir… en parlant et dissertant de la sagesse de la Torah. « Tant que [ce feu perdurera et] que les paroles de Torah remplaceront les sacrifices du Temple, toutes les eaux maléfiques du monde ne pourront éteindre l’amour, qui continuera à brûler sur l’autel ».

Plus loin, il raconte même assez mystérieusement avoir trouvé un manuscrit d’un célèbre kabbaliste de Safed, Rabbi Moché Cordovéro (1522-1570), à qui le prophète Elie serait apparu pour lui révéler que les personnes prises de pensées négatives, tristes, angoissantes ou déprimantes devaient répéter plusieurs fois avec ferveur ce verset : « Un feu continuel brûlera sur l’autel, il ne s’éteindra jamais ».

Chers amis de Maayane Or et de toutes les communautés juives massorti de France, soyez assurés que nous ne laisserons pas le feu s’éteindre au cours de l’épreuve que nous traversons, pas plus qu’il ne s’est éteint durant toutes les épreuves que le peuple juif a enduré jusqu’à nos jours. Vos rabbins, vos présidents et les bénévoles des communautés travaillent sans relâche pour maintenir vivace le lien qui nous unit. Pour cela, il nous faut faire preuve d’inventivité, de créativité et d’esprit d’innovation. Il nous faut aussi votre soutien. Nous vous demandons non seulement de respecter scrupuleusement toutes les consignes de sécurité édictées par les autorités, mais aussi de maintenir constamment les liens de solidarité entre vous, et de nous signaler le plus rapidement possible toute personne ayant besoin d’aide.
Dès la fin de cette épidémie, nous pourrons à nouveau rapprocher nos feux individuels et allumer un grand foyer pour nous chauffer et nous éclairer.
Chabbat chalom Rabbin David Touboul