7ème jour de Pessah

Chers amis

 Veuillez trouver ci-après, un message du Rabbin de Nice Hag Sameah

Le septième jour de Pessah a un statut particulier dans l’année juive et par rapport à la fête elle-même. On ne dit ni la bénédiction du renouveau (« Chééhyanou ») pour le kiddouch, ni même le Hallel en entier le matin.
Or si on s’en tenait au texte de l’Exode, ce serait le septième jour qui serait fête, et même pas le premier !
שבעת ימים תאכל מצת וביום השביעי חג ליקוק:
« Sept jours durant, tu te nourriras d’azymes ; le septième jour, fête en l’honneur de l’Éternel. »
Et en effet, tant dans la suite narrative de la Torah que dans le Midrach, on insiste sur le fait que la véritable sortie d’Egypte, au sens où les hébreux ont « passé la frontière » et ont été débarrassés de l’armée égyptienne en traversant la mer, était le septième et non le premier jour de Pessah.
De là vient la tradition de lire dans la Torah le chant de la Mer (« Chirat hayam »).
Il existe même, dans certaines communautés, une tradition consistant à se rendre devant la mer ou l’océan pour rechanter ce célèbre poème biblique, aussi ancien que sublime. Pourquoi ? Peut-être faut-il y voir une manière de rappeler au printemps la cérémonie automnale du Tachlikh à Roch Hachana. D’un côté, le jour du jugement nous jetons symboliquement toutes les fautes qui nous encombrent, que nous portons comme un fardeau et qui nous empêchent d’avancer. De l’autre, le jour de la libération on évoque le souvenir d’un miracle inédit et inespéré qui nous permit de nous débarrasser de nos oppresseurs.
Le point commun ? La mer comme symbole d’un élément majestueux, mystérieux, incontrôlable, dangereux, où peuvent s’engloutir tous les malheurs. Et la capacité du créateur à maitriser cet élément pour en faire une arme contre nos ennemis, extérieurs ou intérieurs.
Certains enseignements cabalistiques (que l’on retrouve dans le hassidisme) affirment même que le jour commémorant l’apparition de la terre sous les flots symbolise l’apparition de l’élément caché dans un monde de voilement permanent. Le noyau se cachant sous les écorces destinées à le protéger. L’essentiel derrière le superflu et l’accessoire.
Inutile de répéter que cette année, Pessah a un goût particulier.
Même à ceux qui habitent près de la mer, il est interdit de se promener pour méditer face à l’immensité des éléments. Mais est-ce bien grave ? Avons-nous vraiment besoin de sortir pour faire apparaître ce qui se trouve à l’intérieur des êtres et des choses ?  Hag sameah !Rabbin David Touboul